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Posté le: Sam Avr 05, 2008 8:51 am
Sujet du message:
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Il me semble que l'enseignement du Christ et de ses apôtres rejette à maintes reprises le préjugé commun que le paraître reflète l'être. Autrement dit, que quelqu'un de beau ou de bien habillé, serait bon et digne de confiance ; et qu'à contrario, la laideur d'une personne ou le négligé de sa tenue traduirait immanquablement son hideur intérieure et son indignité.
Je lis dans les Ecritures, comme dans bien des témoignages ou des oeuvres de fiction le même message démentant ce préjugé commun : non, il n'existe pas d'adéquation automatique entre l'être et le paraître. Une vraie beauté peut se révéler une vraie peste, une "ugly Betty" peut être la personne la plus humaine qui soit.
"Ne vous fiez pas aux apparences" ; "l'habit ne fait pas le moine" ; "ne faites pas de favoritisme" ; "n'accueillez pas les gens bien habillés mieux que les pauvres en guenilles" ; "ne croyez pas tout ce qui paraît beau à vos yeux" ; "tout ce qui brille n'est pas or"...
Innombrables sont les sentences, les exemples, les récits qui contrarient le préjugé ordinaire.
Et je dirais que, face à la tendance naturelle des hommes à accorder trop de poids à l'apparence, immédiatement accessible, et pas assez à l'essence beaucoup plus difficile à appréhender, le rôle, le devoir, l'exigence des penseurs, des meneurs, des guides spirituels est de répéter inlassablement : "ne jugeons pas les autres à leur apparence", "ne rejettons pas ceux qui ne paraissent pas semblables à nous."
En l'occurence, je constate que la brochure présentée plus haut non seulement a failli à ce devoir moral, mais a choisi d'encourager un peu plus un préjugé qui ne s'exprime déjà que trop massivement.
Au XXIe siècle après Jésus-Christ, a-t-on encore le droit de reprocher au jeune qui vient vous voir de n'être pas sapé comme son grand-père ? Il porte un survêtement et une casquette, et alors ? C'est sa façon de s'habiller, c'est une part de ce qu'il est : peut-être pas un jeune élégant, soucieux de son apparence ; peut-être un garçon influençable et sans grande personnalité, qui ne veut pas se démarquer de ses semblables ; peut-être un jeunot qui ne possède pas encore toutes les clés de décryptage des subtils codes vestimentaires et sociaux. Mais, si vous ne le laissez pas franchir votre porte, comment saurez-vous ce qu'il est réellement : un être humain assoiffé de spiritualité ; un enfant qui s'efforce de refléter les qualités de son Père qui est dans les cieux et de suivre les traces de son Seigneur ; ou tout simplement un jeune malicieux et quelque peu irrévérencieux, suffisamment curieux tout de même pour vous consacrer quelques heures au lieu de les passer à la plage, au téléphone avec ses copains ou devant sa console de jeux ?
Et cette jeune femme à qui vous refusez la visite de vos bâtiments sous le seul prétexte qu'elle porte un vêtement couturé à l'entrejambe, croyez-vous vraiment qu'elle soit moins spirituelle, moins aimable, moins enfant de Dieu que sa voisine qui, par choix personnel peut-être ou par conformisme plus vraisemblablement, porte une jupe suffisamment longue pour vous ?
De toutes ces personnes, savez-vous discerner au premier coup d'oeil, rien qu'à leur habillement, si elles aiment Dieu ou pas ? Si elles aident, ou trompent, leur prochain ? Lesquelles Dieu approuvent, et lesquelles il rejettera ?
Encore une fois : "1 Mes frères, vous ne possédez tout de même pas la foi de notre Seigneur Jésus Christ, notre gloire, avec des actes de favoritisme ? 2 En effet, s’il entre dans votre assemblée un homme avec des bagues d’or aux doigts et un habit splendide, mais qu’il entre aussi un pauvre avec un habit sale ; 3 si vous regardez cependant avec faveur celui qui porte l’habit splendide et [lui] dites : “ Toi, assieds-toi ici à cette belle place ”, et que vous disiez au pauvre : “ Toi, reste debout ”, ou bien : “ Assieds-toi là sous mon marchepied ”, 4 vous établissez, n’est-ce pas, des distinctions de classe parmi vous et vous êtes devenus des juges aux sentences mauvaises." |
_________________ Ne réponds pas à un homme stupide selon sa sottise, de peur que tu ne deviennes pareil à lui, toi aussi.
Réponds à un homme stupide selon sa sottise, de peur qu’il ne devienne un sage à ses yeux.
(Proverbes 26:4,5, TMN)
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