|
Inscrit le: 23 Oct 2007
Messages: 2075
Localisation: Paris, France
|
|
|
| Le collège central |
|
Posté le: Sam Juin 28, 2008 7:47 am
Sujet du message:
|
|
Irmeyah,
Qui vous parle de pratique indépendante d'une religion ?
Le contraire de l'existence d'une autorité collégiale centralisée pour l'ensemble des premiers chrétiens n'est pas que chacun croit et pratique dans son coin ce qui lui plaît.
Le contraire de l'existence d'une autorité collégiale centralisée est la non-existence d'une autorité collégiale centralisée. Soit parce qu'il n'existe pas d'autorité (humaine s'entend, c'est-à-dire autre que l'esprit saint, Jésus ou Dieu sur chaque croyant) ; soit parce que si le chrétien se soumet à une autorité humaine, celle-ci n'est pas collégiale, ou n'est pas centralisée, ou n'est ni l'une ni l'autre.
Les premiers chrétiens étaient-ils soumis à une autorité humaine ? Si oui, quelles limites la soumission à cette autorité comportait-elle ? S'agissait-il d'une autorité spirituelle, ou organisationnelle, ou les deux ?
Cette autorité émanait-elle d'un seul homme ou d'un petit groupe d'hommes ?
Cette autorité était-elle centralisée, c'est-à-dire qu'une seule entité aurait présidé à la direction de toutes les congrégations, où qu'elles se situent ; ou bien chaque communauté chrétienne localisée était-elle autonome, décidant pour elle-même de ce qui touchait à son organisation interne voire à ses croyances, pouvant échanger des informations et des conseils avec d'autres groupes, mais sans que l'un soit prédominant sur les autres ? (Jusqu'à ce que s'impose la primauté de l'église de Rome, ce qui est une autre histoire, bien sûr).
Je remarque également qu'après que j'ai été accusée de relier de façon abusive le sujet de la supposée autorité centralisée du premier siècle à votre actuel "Collège Central", vous ne réussissiez pas vous-mêmes à éviter l'amalgame, ou du moins le parallèle.
Dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 1, l'apôtre Paul n'attire pas l'attention sur un prétendu "collège central" dont tous devraient suivre à la lettre les instructions et les doctrines ; il montre que tous les chrétiens sont "en union avec Christ Jésus, qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, et aussi justice, sanctification et libération par rançon" (v. 30).
Au passage, ce texte témoigne que, dans la communauté chrétienne primitive (en tout cas à Corinthe), les croyants étaient divisés, et qu'ils se réclamaient de l'autorité de certains individus (et non groupes), tels Paul, Apollos, Céphas, pour étayer leurs dires.
S'il avait vraiment existé un "collège central" à l'époque, comment une telle situation aurait-elle pu survenir ? Pourquoi même, parmi tous les noms cités, ne figure pas l'appellation donnée alors à ce fameux "collège central" ? Pourquoi l'apôtre Paul ne dit-il pas : "Voici ce que je veux dire : chacun de vous dit : “ Moi, j’appartiens à Paul ”, “ Mais moi, à Apollos ”, “ Mais moi, à Céphas ”, "Mais moi au Collège Central" ; “ Mais moi, à Christ." ? Et pourquoi Paul, en remettant les Corinthiens "sur les rails" n'aurait-il pas mentionné, même en passant, l'autorité centrale dont chacun aurait dû se réclamer ? Ne serait-pas tout simplement qu'il l'a fait, en désignant du doigt la seule autorité centrale que devait accepter tout chrétien (à l'époque comme aujourd'hui) : le Christ ?
Enfin, vous semblez plus que d'autres de vos coreligionnaires, considérer l'autorité humaine centralisée dont vous vous réclamez avec quelques "bémols" (pas de soumission absolue, pas de perfection de ce groupe, modèle d'uniformisation indispensable mais dont il faut savoir se dégager parfois) ; vous paraissez voir dans le "Collège Central" davantage un "mal nécessaire" que la source des bénédictions divines ou le seul porte-parole autorisé de Dieu.
Cependant, vous reconnaissez que "beaucoup de TJ n'ont pas les moyens intellectuels" d'agir comme vous.
Si à votre place et à celle de vos coreligionnaires, on mettait des fidèles catholiques, certains "éclairés", d'autres "grenouilles de bénitier", ne parleriez-vous pas d'hypocrisie et d'aveuglement ?
En quoi suivre une direction imparfaite sans la comprendre, ou en faisant semblant de s'y soumettre tout en ne partageant pas son point de vue serait-il moralement acceptable quand il s'agit de TJ, et condamnable quand on parle d'une autre religion ? Hormis le fait, bien entendu, que vous êtes TJ, et pas membre d'une autre religion, ce qui s'appelle, me semble-t-il, de la partialité.
Je ne dis pas cela pour vous agresser ou vous faire la guerre, mais uniquement pour réfléchir avec vous sur ce sujet important. Et puisque vous avez manifestement les qualités et la distance intellectuelles pour ce faire, j'espère que vous apprécierez la démarche.
Amicalement. |
_________________ Ne réponds pas à un homme stupide selon sa sottise, de peur que tu ne deviennes pareil à lui, toi aussi.
Réponds à un homme stupide selon sa sottise, de peur qu’il ne devienne un sage à ses yeux.
(Proverbes 26:4,5, TMN)
|
|