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| poteau ou croix ? |
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Posté le: Dim Fév 17, 2008 4:37 am
Sujet du message:
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| Natasha a écrit: |
| tout d'abord je voudrais saluer tout le monde ici - j'aimerais poser une question : dans la rome antique, quel supplice les romains réservaient aux étrangers qu'ils condamnaient à mort ? |
""Outre la flagellation, selon les récits des Évangiles, il n'y a que la plus simple forme de crucifixion romaine# qui entre en ligne de compte pour le châtiment infligé à Jésus : on a pendu le corps nu à un poteau que Jésus, ne l'oublions pas, a dû porter ou traîner jusqu'au lieu d'exécution pour que le châtiment soit encore plus déshonorant (...). Ce ne pouvait être qu'une simple mise au poteau et rien d'autre, car il s'agissait souvent d'une exécution en masse : 2 000 en même temps par Varus [Josèphe, Antiquités judaïques ∆, XVII, X, 10], par Quadratus [Guerre des Juifs, II, 241], par le procurateur Félix [Guerre des Juifs, II, 253], par Titus [Guerre des Juifs, V, 449]. " - Die Geschichte Jesu ([L'histoire de Jésus], Tübingen 1904, vol. II, p. 386-394, P. Schmidt."
Le mot 'crux' est employé par les auteurs latins de l'époque romaine. Cela est indéniable. Cependant, comme le fait remarquer un ouvrage de référence, "même le mot Latin crux signifie un simple poteau" - A critical Lexicon and Concordance to the English and Greek New Testament, p. 819; E.W. Bullinger .
La Cyclopædia of biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature précise que la 'crux simplex' était un "simple poteau 'd'une seule pièce sans traverse'".
Par ailleurs, l'appendice du 21st Century NT fait remarquer: "Dans les versions latines, le terme 'crux' était employé, mais selon Tite Live [historien] du 1° siècle de notre ère, le mot ne désigne guère plus qu'un poteau vertical £; ce n'est que plus tard qu'il en vînt à signifier une croix (...) Certains ont soutenu que les Romains faisaient usage de croix pour l'éxécution à cette époque, bien que Tite Live réfute cela. Même s'il en avait été ainsi, les Romains étaient soucieux d'observer les coutumes locales autant que possible pour éviter inutilement de contrarier le peuple, et il est probable qu'ils auraient modifié leur méthode pour se conformer aux pratiques Juives. Dans tous les cas, un poteau vertical rudimentaire aurait posé moins de problèmes qu'une croix taillée munie d' une jointure suffisamment solide pour supporter le poids d'un homme".
Au V° siècle, quand Jérôme traduisit les Saintes Écritures à partir du grec et de l'hébreu, il utilisa le mot 'crux' (duquel vient notre mot français 'croix') pour désigner l'instrument sur lequel Jésus fut mis à mort.(Matthieu 27:40). Cependant, il employa le même terme pour désigner le 'poteau' ou "gibet" auquel furent pendus certains hommes mentionnés dans l'"Ancien Testament" (consulter Genèse 40:19; 41:13; Josué 8:29; Esther 5:14; 8:7; 9:25 dans la Vulgate). Dans sa traduction, Jérôme utilise, de manière interchangeable, les mots 'crux', 'patibulum' et 'lignum' dans le sens de 'poteau' (Deutéronome 21:22,23; Josué 8:29; Esther 2:23; 6:4; 7:9,10; 9:13). Dans le "Nouveau Testament", seuls les 2 termes 'crux' et 'lignum' servent à désigner l'instrument sur lequel Jésus est mort. (Matthieu 27:40; Actes 5:30).
Dans son Histoire Romaine, Tite Live emploie à plusieurs reprises le mot 'crux' pour désigner l'instrument de torture auquel étaient attachés les transfuges, les mutins, et les insoumis [XXII,33 (2), XXX,43 (13), XXXIII,36 (3)] . Parlant d'une mutinerie qui se produisit dans un camp militaire romain, près de Sucron, au III° siècle avant notre ère, Tite Live rapporte que "les condamnés furent attachés au poteau [latin; 'palum'], battus de verges et frappés de la hache" - Histoire Romaine XXVIII, 29 (11); traduction Nisard de 1864 [voir également II,5 (6); VIII,7 (19); XXVI,13 (15); XXVI,15 (8); XXVI,16 (2)]. Pour désigner le même supplice, l'auteur emploie d'autres termes : "Si la sentence est confirmée, qu'on voile la tête du coupable, qu'on le suspende à l'arbre fatal [latin: ' infelici arbori '], et qu'on le batte de verges dans l'enceinte ou hors de l'enceinte des murailles (...) Puis, embrassant son fils et montrant au peuple les dépouilles des Curiaces, suspendues au lieu nommé encore aujourd'hui le Pilier d'Horace : "Romains, dit-il, celui que tout à l'heure vous voyiez avec admiration marcher au milieu de vous, triomphant et paré d'illustres dépouilles, le verrez-vous lié à un infâme poteau [latin: ' furca '], battu de verges et supplicié ? Les Albains eux-mêmes ne pourraient soutenir cet horrible spectacle ! (11) Va, licteur, attache ces mains qui viennent de nous donner l'empire : va, couvre d'un voile la tête du libérateur de Rome; suspends-le à l'arbre fatal [latin: ' infelici arbori ']; frappe-le, dans la ville si tu le veux, pourvu que ce soit devant ces trophées et ces dépouilles; hors de la ville, pourvu que ce soit parmi les tombeaux des Curiaces. Dans quel lieu pourrez-vous le conduire où les monuments de sa gloire ne s'élèvent point contre l'horreur de son supplice?" - Histoire Romaine I,26 (6-11). Manifestement, Tite Live utilise les termes ' crux ', ' palus ', ' furca ', et ' arbor infelix ' de manière interchangeable, pour décrire une même pratique, courante chez les Romains, et qui s'appliquait dans le cas d'exécutions tant collectives qu' individuelles: la "crucifixion" sur un simple poteau vertical. C'est pourquoi John Denham Parsons, dans son livre The Non Christian Cross, précisa: "Il est donc remarquable que même le mot latin 'crux', duquel dérivent les mots "croix" et "crucifier", ne désignait pas nécessairement quelque chose en forme de croix (...) Une référence aux écrits de Tite Live montrera qu'à cette époque le mot 'crux', quelqu' autre sens qu'il ait pu revêtir, signifiait un simple morceau de bois ou une poutre; il l'utilisa dans ce sens" . |
_________________ TJ baptisé actif -
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. - Jean Jaurès
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